Le risque d’escalade s’accroît

L’armée iranienne a revendiqué, ce jeudi 3 septembre 2026, de nouvelles frappes de missiles et de drones contre des installations militaires américaines au Koweït et aux Émirats arabes unis, au lendemain d’une vaste riposte iranienne ayant visé plusieurs pays de la région.

Selon un communiqué militaire relayé par l’agence Tasnim et repris par Al Jazeera, des missiles et des drones ont ciblé la base aérienne Ahmad al-Jaber, au Koweït, notamment ses systèmes de communication satellitaire, des dépôts d’équipements et des hangars d’avions de combat.

Aux Émirats arabes unis, les forces iraniennes affirment avoir visé des systèmes radar et des positions de troupes américaines sur la base aérienne d’Al-Minhad.

Téhéran a présenté ces opérations comme la 31e phase de sa campagne baptisée « Saiqa », menée en représailles aux frappes américaines contre le territoire iranien. Le Koweït a dénoncé, de nouvelles attaques constituant, selon son ministère des Affaires étrangères, une « menace directe » pour sa sécurité et sa stabilité. Les autorités ont indiqué avoir mobilisé leurs moyens de défense antiaérienne face aux tirs de missiles et de drones.

Cette nouvelle salve intervient après des bombardements américains ayant fait, selon les autorités iraniennes, au moins 19 morts en Iran les 2 et 3 septembre. Parmi les victimes figurent des civils, dont plusieurs personnes tuées lors d’une attaque ayant touché un rassemblement familial dans le sud-est du pays.

Dire que le  Golfe  se trouve aujourd’hui au cœur de l’affrontement. Cette confrontation entre Washington et Téhéran s’est ainsi progressivement étendue au-delà du territoire iranien. Après les frappes contre des intérêts américains au Koweït et aux Émirats, l’Iran a également menacé ou ciblé des positions liées aux Etats-Unis à Bahreïn, en Irak et en Jordanie, faisant peser une pression croissante sur les alliés régionaux de Washington.

Cette extension du conflit place les monarchies du Golfe dans une situation particulièrement délicate. Plusieurs d’entre elles accueillent d’importantes installations militaires américaines et pourraient être exposées à de nouvelles représailles iraniennes en cas de poursuite des opérations américaines.

Au centre de cette confrontation se trouve le détroit d’Ormuz, par lequel transite une part essentielle du commerce mondial des hydrocarbures. Toute perturbation prolongée de la navigation dans cette voie maritime stratégique pourrait provoquer de nouvelles tensions sur les marchés énergétiques et affecter l’approvisionnement mondial.

Le président américain Donald Trump a de son côté réitéré sa menace de nouvelles frappes, affirmant que Washington est toujours  prêt à intervenir à tout moment, alors que les efforts diplomatiques destinés à mettre fin aux hostilités restent dans l’impasse.

Sur les marchés, les inquiétudes persistent. Le Brent a dépassé jeudi les 97 dollars le baril, les investisseurs redoutant une perturbation durable du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz.

La multiplication des frappes et des représailles fait désormais craindre un changement d’échelle du conflit. En visant directement les infrastructures américaines dans le Golfe, Téhéran cherche à maintenir la pression sur Washington tout en démontrant que le coût d’une poursuite de l’offensive pourrait être supporté par l’ensemble du dispositif militaire américain dans la région. Une stratégie qui augmente toutefois le risque de voir les pays alliés des Etats-Unis devenir, malgré eux, des acteurs directs de l’affrontement.

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