Des tirs nourris. Des explosions. Des détonations qui ont traversé plusieurs quartiers de la capitale et plongé ses habitants dans l’inquiétude, signal de la télévision brièvement coupé  sont des principaux titres de la presse  notamment le figaro

Il s’agit de la troisième tentative de déstabilisation depuis le début de l’année, la première qui ne semble pas impliquer des forces jihadistes rapporte libération.

Cette nuit de vendredi à samedi a été mouvementée, et l’aéroport international Diori-Hamani, la Base 101, les abords du palais présidentiel : autant de lieux stratégiques devenus, pendant quelques heures, les décors d’une nuit de tension extrême.

Dans une capitale déjà éprouvée par des années de violences, ces bruits avaient une résonance particulière. Car au Niger, le bruit des armes n’est malheureusement plus étranger.

 Selon l’AFP , il y’a eu une tentative de pénétrer dans le palais présidentiel par des insurgés issus des forces armées nigériennes et qui ont  été repoussés par la garde présidentielle.

Les analystes précisent que « Ce n’était pas seulement la menace venue des immensités désertiques, des frontières poreuses ou des groupes jihadistes qui frappent depuis des années le Sahel. Les informations disponibles évoquent cette fois des éléments militaires mutins ayant attaqué ou tenté de prendre le contrôle de sites stratégiques de la capitale. »

De leur côté les observateurs  affirment que lorsqu’une capitale entend les armes crépiter autour de son aéroport et de son palais présidentiel, ce n’est jamais un simple incident. Selon eux il s’agit d’un signal  politique et militaire  adressé à toute une nation.

Rappelons que depuis le coup d’État de juillet 2023, le Niger vit sous l’autorité d’un régime militaire dirigé par le général Abdourahamane Tiani. Le pouvoir issu de cette rupture historique s’est présenté comme celui qui devait restaurer la souveraineté nationale, reprendre le contrôle du territoire et faire reculer la menace jihadiste. Il a également profondément redessiné les alliances du pays : rupture avec la France, éloignement de la CEDEAO, rapprochement avec la Russie et alliance renforcée avec le Mali et le Burkina Faso au sein de l’Alliance des États du Sahel.

Or, les observateurs précisent que  l’histoire politique du Sahel rappelle une vérité cruelle : lorsqu’un pays entre dans le cycle des coups d’État, chaque nuit de tirs devient une question ayant trait à qui commande et qui protège la nation ?

Face à cette situation les  autorités ont appelé au calme et affirmé que les forces de défense et de sécurité étaient mobilisés. Des sources ont indiqué que la Base 101 et le secteur du palais présidentiel avaient été repris ou sécurisés par les forces loyales, tandis que la situation autour de l’aéroport demeurait, dans les premières heures, plus incertaine.

Et pour cause, depuis des années, le pays est pris entre plusieurs menaces. À l’extérieur, les groupes armés jihadistes continuent de représenter une menace majeure dans le Sahel. À l’intérieur, les institutions demeurent fragilisées par les bouleversements politiques successifs. Et au milieu, il y a le peuple.

Ce qui s’est passé à Niamey dépasse donc les murs du palais présidentiel. Cela concerne tout le Sahel. Car le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont choisi de construire une nouvelle architecture politique et sécuritaire autour de leur alliance. Or cette architecture ne pourra survivre que si elle repose sur une stabilité réelle.

Notons que  derrière les tirs de Niamey, ce n’est peut-être pas seulement le pouvoir qui vacille. C’est une nation entière qui demande à ses dirigeants  que le Niger veut vivre en toute quiétude et paix.

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