La visite, ce lundi 24 août 2026, du Premier ministre malien, le général de division Abdoulaye Maïga, à Alger intervient à un moment important dans les relations entre l’Algérie et le Mali. Après une période de fortes tensions, cette visite traduit une volonté de renouer le dialogue et de donner une nouvelle chance aux relations entre les deux pays.
Reçu par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, le chef du gouvernement malien est venu à Alger à la tête d’une importante délégation. Au-delà du caractère officiel de cette visite, le message est clair : entre deux pays voisins, le dialogue doit toujours finir par reprendre ses droits.
L’Algérie et le Mali partagent une longue histoire. Ils sont liés par la géographie, par le Sahara, par les échanges humains et commerciaux, mais aussi par une mémoire africaine commune. Leurs frontières ne sont pas seulement des lignes tracées sur une carte. Elles séparent deux États, mais elles traversent aussi un espace où les populations ont depuis longtemps développé des relations.
C’est pourquoi les tensions entre Alger et Bamako ne sont jamais sans conséquences. Elles concernent directement la stabilité du Sahel, la sécurité des frontières et l’avenir d’une région confrontée au terrorisme, aux trafics, à la pauvreté et à de profondes mutations politiques.
La visite du Premier ministre malien revêt également une forte dimension symbolique. Avant de rencontrer les responsables algériens, Abdoulaye Maïga s’est rendu au Monument des Martyrs pour déposer une gerbe de fleurs à la mémoire des combattants de la Révolution algérienne.
Ce geste rappelle les liens historiques qui unissent l’Algérie aux peuples africains. Durant la lutte de Libération nationale, Alger avait accueilli et soutenu de nombreux mouvements anticoloniaux. La Révolution algérienne avait alors dépassé les frontières nationales pour devenir un symbole de liberté et de souveraineté.
Cette mémoire constitue aujourd’hui encore un capital important dans les relations entre les deux pays. Mais l’histoire ne suffit pas. La relation entre Alger et Bamako doit désormais être reconstruite sur des bases concrètes.
La confiance ne se rétablit pas en une journée. Elle exige des contacts réguliers, des discussions franches et surtout la capacité de gérer les désaccords sans permettre qu’ils débouchent sur une nouvelle rupture.
L’enjeu dépasse d’ailleurs largement les relations bilatérales. Le Sahel traverse une période particulièrement difficile. L’insécurité, les trafics, la fragilité économique, le chômage des jeunes et les conséquences du changement climatique constituent autant de défis auxquels les États de la région ne peuvent répondre seuls.
Dans ce contexte, l’Algérie a un rôle important à jouer. Sa proximité géographique avec le Mali, son expérience diplomatique et son poids dans la région lui donnent une responsabilité particulière dans la recherche de solutions africaines aux problèmes africains. Or cette responsabilité doit aller de pair avec le respect de la souveraineté et des choix de chaque État.
L’Algérie et le Mali ne sont pas obligés de penser de la même manière sur tous les dossiers. Ils peuvent avoir des approches différentes et des intérêts parfois divergents. Ce qui compte, c’est leur capacité à maintenir ouverts les canaux du dialogue.
La diplomatie est précisément faite pour cela : permettre aux États de gérer leurs désaccords sans transformer leurs différences en hostilité permanente.
La visite d’Abdoulaye Maïga à Alger peut ainsi, être considérée comme une nouvelle étape. Elle ne signifie pas que tous les problèmes sont réglés. Elle signifie simplement que les deux pays ont choisi de se parler à nouveau. Et c’est déjà beaucoup.
Car la géographie impose une réalité que la politique ne peut effacer : l’Algérie et le Mali sont voisins et le resteront. Ils ont donc tout intérêt à privilégier la coopération plutôt que la confrontation, le dialogue plutôt que le silence et la recherche de solutions plutôt que l’accumulation des rancœurs.
Dans un Sahel en pleine recomposition, la stabilité de la relation algéro-malienne n’est pas seulement une question bilatérale. Elle concerne l’ensemble de la région.
Le chemin sera certainement long. Il faudra du temps pour reconstruire la confiance et dépasser les incompréhensions. Mais toute paix durable commence par un premier pas. Et entre Alger et Bamako, ce premier pas est désormais celui du dialogue.








