La justice européenne s’intéresse à nouveau au Rassemblement National : une série de perquisitions ont été menées dans le cadre d’une enquête pour détournement de fonds, visant le groupe où siégeait Jordan Bardella au Parlement européen.
Les activités du Rassemblement national(Nouvelle fenêtre) (RN) au Parlement européen intéressent une nouvelle fois la justice. Mardi 30 juin, des perquisitions ont eu lieu au siège d’agences de communication, réputées proche du RN. C’est son président, Jordan Bardella, qui l’a confirmé : « Des perquisitions sont en cours. (…) Comme à chaque fois, les procédures judiciaires annoncent le calendrier électoral. Nous n’avons rien à nous reprocher et nous le montrerons. »
Le parquet européen soupçonne un détournement de 4,3 millions d’euros de fonds européens
Le parquet européen, à l’origine des investigations, soupçonne un détournement de 4,3 millions d’euros de fonds européens par l’ancien groupe nationaliste, dans lequel siégait alors le RN, et son président actuel. Deux prestataires historiques du parti, les agences de communication Unanime et E-Politic, auraient largement bénéficié d’une partie de ces fonds.
Clément Guillou, journaliste au journal « Le Monde » et spécialiste du dossier, a enquêté. « Entre 2019 et 2024, le groupe du Rassemblement national a dépensé plusieurs millions d’euros, notamment sur des prestations qui ont été allouées à deux sociétés dirigées à l’époque par des proches de Marine Le Pen. Le Parlement européen soupçonne que les règles fixées pour l’attribution de ces contrats n’aient pas été respectées« , détaille-t-il.
Selon les documents que le journaliste s’est procurés, la société Unanime aurait perçu 1,4 million d’euros pour des travaux d’impression, et 1,7 million d’euros en frais de communication pour E-Politic. Or, les fonds du Parlement européen doivent servir à une activité parlementaire. La justice veut donc contrôler la régularité des dépenses.
Frédéric Chatillon, ancien chef du GUD, dans l’ombre des entreprises concernées
Dans l’ombre de ces entreprises, un homme, Frédéric Chatillon, ancien chef du GUD, ex-groupuscule d’extrême droite et longtemps ami de Marine Le Pen. Mis au banc du parti pour ses positions politiques radicales, son influence perdurerait. France Télévisions a tenté de le contacter, là où il réside, à Rome (Italie), sans succès. De son côté, le RN lui dénonce un acharnement politique. « Il y a des sociétés qui ont été rémunérées par le groupe, c’est qu’elles ont travaillé pour le groupe. On sait qu’à chaque fois, l’UE va faire des interprétations, on le voit régulièrement, qui sont un peu divergentes, des interprétations parfois un peu tardives, qui arrivent. Bon, on va montrer que tout ça, c’est encore une fois beaucoup de bruit pour rien », réagit Philippe Liottaux, député Rassemblement National du Var.
Une nouvelle affaire qui embarrasse le RN, à six jours de la décision de la Cour d’appel qui décidera de l’avenir politique de Marine Le Pen. France info










