Ils ont pour noms : Stella Particia, Samuel N’zee, Maliva Largeau, Lap-Xuan Mingauel, et les palestiniens Mohamed Abusbaih, Mohamed Mahmoud Jaballah, Ali Dowani, et Asseel Abusmailih. Ce sont tous des photographes ayant prêté quelques unes de leurs œuvres à la médiathèque de l’Institut français d’Alger afin de participer dans le cadre d’une exposition intitulée « Visages de l’exil ».

A travers les caméras de ces huit jeunes photographes palestiniens et français ou naturalisés français pour être plus exact, l’exposition donne à voir, au visiteur, ces tableaux, ou plutôt des portraits d’hommes et de femmes, poussés par les conjonctures de l’Histoire vers « l’exil, le déracinement ». Les portraits installés dans la cour de l’édifice de l’Institut français, mettent en avant les aléas de la migration, comme ce personnage venu de la lointaine Haïti pour s’installer en France, cette autre du Mail… Ou encore, ces palestiniens exilés dans leur propre pays, dont on apprécie le portrait d’un homme centenaire ayant participé et vécu la Nakba, ou tel autre portrait, reflétant un collectionneur d’objets rares et des anciennes pièces de monnaie… L’exil, pour jeter un clin d’œil chez nous: ce sont les palestiniens accueillis par l’Algérie durant les années 1970 et 1980 ; la plupart étant repartis vers la Palestine depuis la création de l’Etat de cette même Palestine. Ou encore de notre époque, ces populations de la région du Sahel ayant trouvé refuge en Algérie, poussées en cela par des conflits.

L’exposition « Visages de l’exil » a déjà été présentée en d’autres occasions et à travers différents pays. Elle a installé son camp pour la première fois en Algérie et s’étalera durant tout le mois de juin. Les organisateurs expliquent que l’évènement a été rendu possible grâce à la ville de Corbeil-Essonnes (en France) et le concours de l’Association de Palestine Al-Bustan. Al-Bustan est un centre culturel situé dans le quartier Silwan de la ville d’Al-Qods. Nous apprenons aussi que le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères a apporté sa contribution dans le cadre du programme « Jer’Est ».

« L’exposition « Visages de l’exil » est un événement culturel qui explore les thèmes du déracinement, de la mémoire, de l’identité et du parcours de migration. Ce projet artistique et historique fait dialoguer des témoignages poignants et des histoires de vie suspendues entre absence et espoir », selon les mots de bienvenue des organisateurs.

En Algérie, cet événement est présenté à la médiathèque de l’Institut français d’Alger, en souhaitant bien entendu que les photographies soient exposées à travers le réseau de l’Institut, à Oran notamment et à Constantine, Annaba et Tlemcen. L’exposition ci-présente relève d’une collaboration entre la ville française Corbeil-Essonnes et l’Association palestinienne Al-Bustan, et s’inscrit dans le cadre du programme « Jer’Est » (contraction de Jérusalem-Est en sens dénoté et « je reste », en un sens connoté [ndlr)])

Pour ce mardi après-midi, et toujours dans le cadre de cette exposition, la médiathèque de l’Institut français d’Alger invite le public à participer à un débat sur les œuvres de Mahmoud Darwich, poète déjà célèbre et d’autres auteurs moins médiatisés comme Mourid Barghouti, et Susan Abulhawa.

Le programme Jer’Est est une initiative de coopération décentralisée coordonnée par le Réseau de Coopération Décentralisée pour la Palestine (RCDP). Son but est de soutenir les Palestiniens du quartier de Silwan en favorisant la jeunesse, l’éducation et la culture au sein du centre social et culturel Al Bustan. Lancé en 2019, il en est aujourd’hui à sa troisième édition (Jer’Est 3). Un nombre considérable de collectivités territoriales françaises mènent des actions en direction de la Palestine.

Ces actions consistent principalement en soutien psychologique en direction des autochtones, en appui direct aux activités du centre Al Bustan et en matière d’échanges entre jeunes dans les deux sens.

Depuis près d’un siècle, les reporters, et les reporters palestiniens, n’ont cessé de documenter autant qu’ils peuvent, au péril de leurs vies, ce qui se passe sur place. Ils photographient et racontent cette guerre en même temps qu’ils la vivent avec leurs familles et leurs proches.

Au mois de Novembre 2024, le Centre culturel et social Al Bustan a été détruit. Des images postées des décombres ont provoqué une vague d’indignation à travers les réseaux sociaux.

L’Institut français d’Algérie fait partie du réseau mondial des instituts français. Son bâtiment principal se trouve à Alger. L’Institut français d’Algérie comporte cinq antennes à travers le pays, à Annaba, Oran, Constantine, Tlemcen et Tizi Ouzou.

Auparavant dénommé Centre culturel français, l’établissement gère la coopération universitaire, éducative, linguistique et culturelle de l’Ambassade de France. Il propose des activités culturelles, en plus des cours et classes de français. Ainsi, des évènements à visée nationale, régionale ou locale, y sont abrités. Il participe également à la promotion de la culture et des échanges entre les deux pays. L’Institut dispose de médiathèques ouvertes au public comportant plus de 150 000 ouvrages.

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