La guerre au Moyen-Orient se répercute drastiquement sur la Chine, puisque l’économie de cet empire dépend hautement de ses importations en énergie provenant des pays du Golfe et de l’Iran. Une situation qui cause des soucis à Pékin sans que cette dernière émet un quelconque soutien à l’Iran pourtant consolidé avec la Chine par des relations intenses qui lient les deux nations que ça soit sur le plan diplomatique ou celui commercial qui sont de premier ordre.

Dans le sillage de cette agression impérialiste, la Chine donc n’a pas levé le doigt. Au milieu du tumulte belliqueux, la réaction chinoise s’est limitée à condamner les attaques comme « inacceptables » et à se présenter comme une puissance médiatrice, appelant à une désescalade.

Selon les observateurs, Pékin se garde de toute alliance militaire mais cultive des liens diplomatiques avec Téhéran ainsi qu’avec les monarchies du Golfe. Alors qu’elle s’irrite d’être entraînée dans une crise énergétique vu sa dépendance aux échanges mondiaux et répète l’importance d’assurer le maintien de la navigation dans le détroit d’Ormuz, où Téhéran a explicitement menacé les cargos occidentaux et israéliens, sans viser directement les navires chinois, le risque a néanmoins paralysé une large part du commerce international.

Dans cette optique, les relations entre l’Iran et la Chine consolidées par un partenariat stratégique de 25 ans signé en 2021, sont principalement basées sur des intérêts économiques, énergétiques et géopolitiques visant à contrer l’influence occidentale.

Pékin est un acheteur majeur de pétrole iranien. Mais Il a fallu plusieurs heures après le début du conflit armé le samedi 28 février, pour entendre une première réaction de la Chine, pourtant alliée indéfectible du régime de Téhéran. Le message faisait plutôt dans la retenue étant donné les circonstances, en exprimant par les voies diplomatiques une « vive préoccupation » et en appelant les parties à revenir autour de la table des négociations.

Le lendemain, le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a maintenu le même ton, qualifiant les frappes d’« inacceptables » avant de réclamer de nouveau la poursuite des pourparlers, avec toujours une absence flagrante de fermeté de la part du partenaire le plus important de l’Iran.

Alors que Washington et Tel-Aviv frappent Téhéran depuis une semaine, la Chine peine à se porter clairement à la défense de l’Iran, dont la production de pétrole est pourtant essentielle à sa sécurité énergétique. Une timidité notable qui révèle ainsi un peu plus le curieux dilemme iranien auquel fait face aujourd’hui l’empire chinois. C’est que, d’un côté, la Chine pourrait souhaiter un règlement rapide du conflit pour éviter une perturbation à long terme de ses importations de pétrole, dont 55 % proviennent du Moyen-Orient, 13 % de l’Iran seul. D’un autre côté, une hausse du prix de l’énergie en Chine, amplifiée par un blocage du détroit d’Ormuz, cet étroit passage par lequel transite 20 % du pétrole mondial, menace les marges bénéficiaires déjà faibles des entreprises chinoises et pourrait accentuer un ralentissement économique déjà en cours.

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