La chronique de Ouassim Mehadi
C’est une alliance qui a le mérite de la clarté et, surtout, de l’efficacité. Le lancement, à Alger, du programme d’incubation algéro-allemand dédié aux technologies agricoles ne doit pas être perçu comme une simple note de bas de page dans l’agenda économique national. Il s’agit, bien au contraire, d’un signal fort : l’agriculture algérienne entame sa mue technologique, et elle a choisi pour cela le meilleur partenaire possible. En activant le volet « InnovAgro » du projet de « Développement de l’entrepreneuriat numérique et vert », supervisé par le ministère de l’Économie de la connaissance et mis en œuvre par la GIZ allemande, l’Algérie fait preuve d’un pragmatisme salutaire. Pourquoi l’Allemagne ? Parce que Berlin ne nous apporte pas seulement des financements via l’Union européenne, mais un modèle. Comme le souligne justement l’universitaire Ammar Foufou, l’Allemagne est un géant de l’exportation agricole et un leader mondial des start-up grâce à son tissu dense de PME performantes. C’est cette rigueur, cette capacité à transformer une idée de laboratoire en solution industrielle viable, que nos jeunes pousses doivent assimiler.
L’initiative « Algerian Agripreneurs » arrive à point nommé. Pendant trop longtemps, notre secteur agricole a souffert d’une dichotomie paralysante : d’un côté, une pratique traditionnelle, gourmande en ressources et aux rendements aléatoires ; de l’autre, une recherche universitaire déconnectée du terrain. Ce programme vient combler ce fossé. En incubant des projets basés sur l’intelligence artificielle, l’Internet des objets (IoT) ou l’usage des drones, nous ne faisons pas du futurisme, mais du réalisme. Dans un pays semi-aride comme le nôtre, où chaque goutte d’eau compte, l’agriculture de précision n’est pas un luxe, c’est une question de survie et de souveraineté. La gestion intelligente des sols, l’optimisation de l’irrigation par capteurs ou la surveillance des cultures par satellite sont les seules voies possibles pour sécuriser notre production alimentaire et conquérir les marchés internationaux.
Il faut saluer ici la vision du ministère de l’Économie de la connaissance, des Start-up et des Micro-entreprises. En plaçant l’innovation au cœur du sillon agricole, les pouvoirs publics envoient un message à la jeunesse : la terre est aussi un secteur d’avenir pour les ingénieurs et les développeurs. Ce partenariat algéro-allemand est la preuve que la « Start-up Nation » n’est pas un slogan creux, mais un levier capable de moderniser les secteurs les plus vitaux de notre économie.
L’agriculture algérienne avait besoin de bras ; elle a désormais besoin de cerveaux. Avec l’appui du savoir-faire allemand, nos « agripreneurs » ont toutes les cartes en main pour faire fleurir le désert et verdir nos bilans économiques. C’est cela, la véritable coopération gagnant-gagnant.










