Le ciel est bleu mais le climat est glacial en ce mois de février et en ces premiers jours du mois de Ramadhan. Les Algériens et les Algériennes ont renoué avec le mois sacré. Comme chaque année, dans cette partie de la Mitidja, nous nous réjouissons des marques de solidarité et d’entraide entre jeûneurs.
Pour les travailleurs journaliers, ceux des champs agricoles, et les autres qui travaillent dans les différents chantiers disséminés à travers les villes de la Plaine de la Mitidja, pour les personnes transitant momentanément par la région, des ftour collectifs sont organisés en leur honneur. La plupart de ces personnes n’ont pas eu le loisir de rejoindre les leurs. D’autres, y compris parmi les nécessiteux et les refugiés des pays limitrophes, chassés par les conflits, ont là également un espace convivial, et un repas complet et chaud. Ces repas sont également destinés aux familles et proches des pensionnaires du Centre pénitencier de Chaïba.
Pour le moment, en ce jour de mardi, c’est le matin et le calme règne. Les commerces n’ont pas ouvert. Seuls les élèves des établissements scolaires sont debout, rejoignant les bancs d’école. La circulation automobile est réduite à son maximum. « Doit-on faire travailler les gens au mois de Ramadhan ou bien au contraire leur accorder des congés ! », me disait un spécialiste du monde du travail, étant que l’activité, à part celle du commerce, semble indiquer un ralentissement.
La majorité des riverains, sinon la plupart, ont comme d’habitude opté pour un congé, même impayé, durant ce mois. D’autres, et ils ne sont pas peu nombreux, prennent ce qui leur reste de reliquats de congés. Ils ont comme réflexe de régler en cette occasion des questions en suspens, administratives, ou bien familiales. Ils se déchargent aussi des activités très-à-terre pour se consacrer au mois de jeûne.
Les appels aux dons investissent la toile et les réseaux sociaux. Quatre principales associations locales se sont donné le mot pour nourrir les sans-abris et les personnes en détresse. Il s’agit de l’Association de wilaya de promotion de l’enfance et d’animation de la jeunesse, l’Association Nour El Mouna, l’Association Echo de Koléa, et l’Association Bouchra Essabirine. D’autres associations invitent ceux qui le désirent, à participer à la circoncision collective. Ces associations sont actives durant tout le long de l’année, et mettent les bouchées doubles durant le mois de carême. Le jeûneur peut même, après avoir mangé sur place, prendre avec lui dans une boite de conservation assez de victuailles pour passer le reste de la soirée et le s’hour.
Les mosquées ne désemplissent pas. Les prières surérogatoires sont sacrées pour les fidèles et il y a toujours de nouveaux récitants du Livre Saint qui rivalisent d’ardeur.
En soirée, place à la culture et l’animation artistique. C’est ainsi que les troupes de musique andalouse, des chanteurs de chaâbi aussi, se produisent à la Maison de culture Dr Ahmed Aroua de la ville.
Pour le genre chaâbi, des chanteurs comme Ahmed Medaouar, Abdelkader Chaou, Abdelkader Chercham, Mokhtar El M’sili, Djamel Boutaleb, Mahmoud El Aouati, Boualem Talhi, Riad Beredjel ainsi que d’autres moins connus sont au programme de la Maison de culture Ahmed Aroua de Koléa.
Les associations de musique andalouse, telles que El Gharnatia, El Bachtarzia, et El Fen Acyl, l’association El Manara, association Ibn Badja (Mostaganem), Er-Rachidia, association Nassim Essabah, se produisent aussi.
Un autre genre, celui du Malouf est annoncé avec la participation de Mebarek Dakhla qui donne un spectacle.
Enfin, comme de circonstance, le genre Meddih religieux est également inscrit sur le registre de l’édifice culturel puisque l’association de Ghardaïa, Les générations montantes est invitée. De même que l’association El Ismaïlia, et l’association Jil El Moustaqbel.
Le programme est également truffé de représentations théâtrales. Il contient aussi une soirée spéciale circoncision, la célébration de la Fête de la femme et la célébration de la Nuit du Destin. La chanteuse Ghofrane Ibtihel et l’association Gaâda Zaman sont invités lors de ces journées.
Pour le déroulement de ces soirées, les organisateurs ont choisi la Maison de culture Ahmed Aroua de Koléa, le Port de Tipaza, le Centre pénitencier de Chaïba, la Maison de jeunes de Fouka, la Place publique de Hadjout, et la salle de fêtes de la ville de Cherchell.










