La chronique de Ouassim Mehadi
C’est une véritable leçon de géopolitique réaliste et souveraine qu’a livrée, samedi soir, le Président Abdelmadjid Tebboune. Lors de sa rencontre périodique avec la presse nationale, le Chef de l’État n’a pas seulement dressé un bilan ; il a dessiné la carte d’une Algérie nouvelle, redevenue un pivot incontournable sur l’échiquier mondial. Loin des alignements aveugles et des blocs fermés, le Président a théorisé une diplomatie à « 360 degrés », où la seule boussole demeure l’intérêt national et la fidélité aux principes immuables de notre politique extérieure. Ce qu’il faut retenir d’emblée de cette intervention magistrale, c’est le refus catégorique de l’Algérie de se laisser enfermer. Dans un monde polarisé, le Président Tebboune réaffirme haut et fort une souveraineté jalousement gardée. Alger parle avec la même aisance à Washington, Moscou et Pékin, entretenant des liens solides avec ces superpuissances, tout en cultivant des relations « privilégiées » avec ses partenaires européens clés que sont l’Italie, l’Allemagne et l’Espagne. Cette diversité des alliances n’est pas une hésitation, c’est une force. Elle prouve que l’Algérie est un partenaire fiable, écouté et respecté pour sa constance. Là où d’autres subissent les pressions géopolitiques, l’Algérie impose son rythme, diversifie ses partenariats et refuse la tutelle de quiconque.
C’est sans doute sur le dossier régional que la « doctrine Tebboune » prend tout son sens moral et politique. Alors que le Sahel traverse une zone de turbulences inédite, le message présidentiel est limpide : l’Algérie est une force de paix et de stabilité, jamais de prédation. Le contraste est saisissant. D’un côté, le Président dénonce ceux qui viennent au Mali pour « l’armement et la spoliation » ; de l’autre, il rappelle l’approche algérienne, celle de l’aide médicale, éducative et du soutien au développement, comme c’est le cas avec la Mauritanie sœur. En annonçant une invitation officielle au président du Niger, Abdourahamane Tiani, et en réitérant son respect pour le Burkina Faso, le Chef de l’État montre que l’Algérie ne tourne jamais le dos à ses voisins. Elle reste le grand frère bienveillant, celui qui privilégie le dialogue à la force, convaincu que notre sécurité est indissociable de celle de nos voisins.
Un « micro-État » aux velléités ingérentes L’émotion était également palpable lorsque le Président a évoqué la profondeur arabe de l’Algérie. En parlant de l’Égypte, avec qui nous partageons 70 ans de complémentarité, ou des pays du Golfe comme l’Arabie Saoudite, le Koweït et le Qatar, les mots ont dépassé le langage diplomatique usuel. « Tout ce qui les touche nous touche ». Ce message de solidarité organique rappelle que face aux défis mondiaux, l’Algérie fait bloc avec ses frères. Sur la Libye, la position reste inébranlable : laisser le peuple décider, loin des ingérences. Mais cette main tendue et cette fraternité affichée ne doivent pas être prises pour de la faiblesse. Au milieu de ces messages d’amitié, le Président a glissé une mise en garde cinglante à l’encontre d’un « micro-État » aux velléités ingérentes. Une phrase courte, lourde de sens, qui sonne comme un avertissement définitif : l’Algérie surveille de près ceux qui tentent de jouer les trouble-fêtes dans sa souveraineté. Si les grandes puissances sont traitées avec respect, les « petits manipulateurs » sont désormais prévenus.
Enfin, concernant la France, le Président a choisi la subtilité diplomatique pour marquer ses distances, ne trouvant grâce qu’aux yeux de Mme Ségolène Royal, saluée pour son « courage » et son « honnêteté intellectuelle ». Une manière élégante de rappeler que l’Algérie sait reconnaître ses vrais amis, sans rien céder sur le reste. En somme, c’est une Algérie confiante, sereine mais intransigeante sur ses principes qui s’est exprimée samedi soir. Une démonstration de force tranquille qui replace notre pays à sa juste place : celle d’une puissance d’équilibre et de paix.









